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otages intimesEtienne, photographe de guerre rentre en France après des mois de captivité. Sur le tarmac l’attendent des dizaines de journalistes, mais aussi sa mère, Irène, ancienne institutrice qui a élevé seule son fils depuis que le père a été porté disparu en mer. Otage, il l’a été, comme l’a été, dans une certaine mesure, Emma, sa dernière compagne qui s’est sentie prisonnière chaque fois qu’il partait en reportage dans l’un de ces pays en guerre, piégée dans l’angoisse de l’attente et qui est là, dans la foule des anonymes, une fois encore, dans l’ombre. Enzo, l’ami d’enfance du village qui a respiré pour Étienne tout le temps de sa captivité a lui préféré rester au village. Tout comme Jofranka, « la petite » orpheline, devenue avocate est demeurée à la Haye pour défendre les droits de ces femmes trophées de guerre des miliciens.
Peut-on retrouver sa vie après qu’on ait été otage ? C’est là le cœur du questionnement de Jeanne Benameur. Étienne retourne au pays familier de l’enfance, dans le village qui l’a vu naître. Le début de la reconstruction ? Du retour à lui-même ? Ce livre est l’histoire d’un lent retour à la vie d’un otage, du chemin douloureux qu’emprunte le personnage pour se reconstruire, les souvenirs, les secrets enfouis sont servis par des phrases concises, incisives pour faire vivre au lecteur tout ce qui habite chacun des personnages du roman (l’angoisse, l’attente, la peur, le doute, etc). Au-delà du parcours singulier d’Étienne, Orages intimes est une ode aux victimes de conflits armés. La langue de Jeanne Benameur dans un style épuré pas dépourvu d’une certaine poésie qui émeut et nous fait toucher du doigt l’otage intime qui est en nous.

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