Liberte dans la montagne

Liberte dans la montagne —

Remarquable premier roman.

Il est rare de lire un premier roman aussi abouti et original:

« Depuis bien des jours le vieux cheminait avec la petite le long de la rivière. Quelquefois le vieux tenait la main de la petite mais, le plus souvent, il la laissait voyager seule autour de lui » :
telle est la première phrase de cette histoire  envoûtante tant par la tension dramatique constante que Marc Graciano parvient à conserver tout au long de ce voyage, semé d’embûches, dans un temps très ancien, que par son style unique, fait de litanies.

Le « vieux » et la « petite » suivent le cours d’une rivière. Autour d’eux la nature déploie ses splendeurs. Tantôt il la prend sur ses épaules, tantôt elle marche. Ils vont au rythme de l’enfant qui s’étonne à chaque pas, et le vieux lui dit le nom des choses. Ils traversent des villages où l’on pend des voleurs, où des cavaliers s’affrontent dans des tournois. Ils rencontrent d’étranges personnages, un géant nourricier, un abbé qui ne croit pas en Dieu, des montreurs d’ours. Mais toujours ils repartent.

Liberté dans la montagne est un texte tout à fait singulier, d’une force étrange. Passée la surprise devant la langue adoptée par Marc Graciano pour ce premier roman, des mots inconnus ou oubliés, un rythme de phrase fait de répétitions, de scansions, on est pris dans la progression de ces deux, à travers les dangers et les moments de bonheur.

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